Par secteur9 min de lecture
Site web pour restaurant à Montréal : l'essentiel
Ce qu'un site de restaurant doit faire, commande directe ou commissions des applis chiffrées, règles québécoises, prix et 471 fiches locales.
Jeudi, 17 h. Une personne sur la rue Saint-Denis a ouvert la fiche de votre restaurant dans Google Maps et touche le lien de votre site pour savoir si vous êtes ouvert ce soir et combien coûte un plat principal. Si le menu est un PDF qui s'affiche de travers, ou si les heures du site ne correspondent pas à celles de Google, elle revient à la carte et choisit l'adresse suivante.
Ce guide couvre ce que doit faire le site d'un restaurant, d'un café, d'une boulangerie ou d'un traiteur du Grand Montréal, ce que coûte la commande en ligne directe comparée aux commissions des applis de livraison, les deux lois québécoises qui s'appliquent, le prix d'un site, et une liste de vérification pour celui que vous avez déjà. Les tarifs viennent de pages publiques consultées le 22 octobre 2026; les données locales, d'un relevé de 471 fiches que j'ai fait en juin 2026.
Ce qu'un site de restaurant doit faire
| Tâche | Fonction | Pourquoi |
|---|---|---|
| Montrer le menu | Menu en page web, en français et en anglais | Il s'adapte à l'écran du téléphone, les moteurs de recherche peuvent le lire, et vous changez un prix en quelques minutes. Un PDF fait moins bien sur chacun de ces points (GDS). |
| Répondre à « êtes-vous ouvert? » | Heures, adresse et téléphone identiques à votre fiche d'établissement Google | La plupart des visites commencent sur la fiche. Deux versions de vos heures, c'est une version fausse. |
| Mener à l'étape suivante | Un bouton « Commander » ou « Réserver » sur chaque page | Google permet d'ajouter à votre fiche un lien vers le menu, des liens de réservation et des liens de commande (Google). C'est votre site qui devrait les recevoir. |
| Donner faim | Vos propres photos de vrais plats, compressées | Les photos de banque d'images ne convainquent personne, et les images lourdes ralentissent la page. |
| Charger sur données cellulaires | Une page mobile légère et rapide | Votre visiteur est sur son téléphone, souvent dehors. |
| Rester conforme | Version française complète, avis de confidentialité sur les formulaires | Voir la section sur le Québec plus bas. |
Ouvrez votre site sur votre téléphone, en données cellulaires, et trouvez l'heure de fermeture de ce soir et un prix. S'il a fallu pincer, zoomer ou télécharger un fichier, c'est la première chose à corriger.
Commande en ligne : applis de livraison ou votre propre site
Les deux plus grandes applis de livraison publient leurs tarifs canadiens :
- Uber Eats : 20 % (Lite), 25 % (Plus) ou 30 % (Premium) par commande livrée; 10 % par commande à emporter si vos prix en magasin sont validés, 15 % sinon (Uber Eats Canada).
- DoorDash : 20 % (Basic), 25 % (Plus) ou 29 % (Premier) par commande livrée; de 8 % à 10 % par commande à emporter, plus 3 $ par semaine au Canada si vous utilisez leur tablette (DoorDash Canada).
- SkipTheDishes : je n'ai trouvé aucune page de tarifs publique. Demandez le taux par écrit avant de signer.
Sur votre propre site, Stripe prélève 2,9 % + 0,30 $ par paiement réussi avec une carte canadienne, plus 0,8 % pour une carte étrangère (Stripe Canada).
Voici une commande type de 40 $ (sous-total, avant taxes et pourboire). C'est une illustration, pas une soumission :
| Canal | Calcul | Frais | Ce qui vous reste |
|---|---|---|---|
| Uber Eats Plus, livraison | 25 % × 40 $ | 10,00 $ | 30,00 $ |
| DoorDash Basic, livraison | 20 % × 40 $ | 8,00 $ | 32,00 $ |
| Uber Eats, à emporter (prix validés) | 10 % × 40 $ | 4,00 $ | 36,00 $ |
| Votre site avec Stripe, à emporter | 2,9 % × 40 $ + 0,30 $ | 1,46 $ | 38,54 $ |
Stripe calcule ses frais sur le montant réellement facturé : une fois la TPS et la TVQ ajoutées, les frais réels sont un peu plus élevés que dans le tableau.
La livraison depuis votre site a aussi un coût. Il vous faut un livreur, ou un service comme DoorDash Drive, à un prix fixe de 6,99 $ à 10,99 $ par commande (DoorDash Canada), ou Uber Direct, facturé selon la distance (Uber Eats Canada). Sur une commande livrée de 40 $, Stripe et Drive additionnés donnent de 8,45 $ à 12,45 $, proche de la commission, à moins de refiler une partie au client sous forme de frais de livraison.
Les applis apportent aussi de la visibilité : les gens y naviguent pour découvrir une nouvelle adresse. Les deux vendent même des pages de commande sans commission (le Webshop d'Uber, avec des frais de traitement de 2,9 %, et l'Online Ordering de DoorDash). La commande directe n'exige donc pas forcément un site sur mesure.
Votre site gagne nettement sur les commandes à emporter des habitués. À 200 commandes à emporter de 40 $ par mois, une commission de 10 % représente 800 $; les frais Stripe, 292 $. Mon conseil pour la plupart des établissements : gardez les applis pour la visibilité et la livraison, et donnez à vos habitués une raison de commander à emporter sur votre site, où le client et l'historique de commandes restent chez vous.
Ce que montrent 471 fiches locales
En juin 2026, j'ai extrait par l'API Google Places 471 fiches Google Maps pour « restaurant », « sushi », « poke », « café », « bistro » et « traiteur » à Montréal, Laval, Longueuil, Brossard, Repentigny et Pointe-Claire, puis j'ai vérifié la page d'accueil de chacune : plateforme, score PageSpeed mobile et présence d'une balise d'analytique.
- 19 % (90 fiches) n'avaient aucun site, ou seulement un profil de réseau social.
- Sur les 381 sites, 129 tournaient sur WordPress et 75 sur Wix, Squarespace ou GoDaddy.
- Le score PageSpeed mobile médian était de 61 sur 100, et 21 % obtenaient moins de 50.
- Une balise d'analytique (Google Analytics, Tag Manager, pixel Meta, Plausible ou Umami) était présente sur 43 % des sites.
- La fiche médiane comptait 295 avis Google.
Le dernier chiffre est celui qui compte le plus à mes yeux. Les restaurants sont le secteur le plus commenté des six que j'ai relevés (l'esthétique suit, à 120 avis), donc vos clients vous trouvent déjà sur Google. Le rôle du site est de conclure ce que la fiche a commencé, et sans balise d'analytique, vous ne savez pas combien de visiteurs se sont rendus au menu avant de repartir.
Les limites : la recherche Places renvoie ce que Google classe pour chaque requête, pas tous les restaurants de ces villes. Chaque site a eu un seul passage PageSpeed, et les scores varient de quelques points d'un passage à l'autre. Une balise sur la page ne dit pas si quelqu'un consulte les données. Aucune entreprise du relevé n'est nommée ici.
Les règles québécoises qui touchent un site de restaurant
Le français d'abord. L'Office québécois de la langue française indique que la clientèle a droit à une version française complète du site web d'une entreprise, et nomme les restaurants parmi les entreprises qui doivent servir et informer leurs clients en français (OQLF). Pour un restaurant, le menu français doit être aussi complet et aussi facile à trouver que l'anglais; un menu anglais avec « version française à venir » ne suffit pas. La règle exacte, et la confusion fréquente avec celle de l'affichage, sont expliquées dans le guide sur la loi 96.
Les renseignements personnels. Un formulaire de réservation ou de commande recueille des noms, des numéros de téléphone et des adresses courriel. Avec la loi 25, il faut alors une politique de confidentialité sur le site et, au moment de la collecte, un avis qui précise à quoi servent les renseignements et s'ils peuvent sortir du Québec (P-39.1, art. 8 et 8.2). Si votre outil de réservation ou de commande conserve les données hors de la province, l'avis doit le dire. La liste complète se trouve dans le guide sur la loi 25.
Combien ça coûte
Mes prix sont publics sur la page des tarifs, avant taxes :
- Menu, heures, carte et lien vers votre service de réservation ou de commande : Site Vitrine, 3 500 $, français et anglais inclus.
- Vous voulez modifier le menu et les photos vous-même : Site sur mesure, 5 500 $.
- La commande en ligne avec Stripe est la raison d'être du site : Site E-commerce, 8 500 $, avec gestion du menu et avis de commande. Son forfait d'entretien mensuel (hébergement, sécurité, petites améliorations) est de 395 $.
- Options : système de réservation intégré 900 $, boutique en ligne sur les forfaits inférieurs 2 000 $, troisième langue 800 $, migration du contenu existant 700 $.
Pour un restaurant qui utilise déjà un service de réservation et ne veut pas de commande en ligne, je commencerais par le Site Vitrine. Si la commande à emporter est l'objectif, c'est le forfait Site E-commerce. Pour reprendre l'exemple plus haut, autour de 200 commandes à emporter par mois, l'écart entre une commission de 10 % et les frais Stripe (508 $) paie le forfait d'entretien. Les fourchettes plus larges, pigistes et outils à faire soi-même compris, sont dans le guide sur le coût d'un site à Montréal.
Une boulangerie en cours de construction
Daddy Roll est une boulangerie spécialisée en brioches à la cannelle. Je construis son site bilingue avec commande en ligne par Stripe, un menu dans les deux langues, une mise en page pensée d'abord pour le mobile et du référencement local. Le projet est toujours en cours, donc il n'y a pas encore de résultats à présenter; vous pouvez voir où il en est sur la page des projets.
Vérifiez votre site actuel
- Le menu est une page web en français et en anglais, pas seulement un PDF ou une image.
- La version française est au moins aussi complète que l'anglaise.
- Les heures, l'adresse et le téléphone correspondent à votre fiche Google, heures des jours fériés comprises.
- Un bouton « Commander » ou « Réserver » apparaît dès le premier écran sur téléphone.
- La page d'accueil obtient 50 ou plus sur PageSpeed Insights, en mobile.
- Votre fiche Google renvoie à votre propre menu et à votre page de commande, pas seulement à une appli de livraison.
- Chaque formulaire qui demande un nom ou un numéro de téléphone affiche un avis de confidentialité et un lien vers votre politique.
- Un outil d'analytique est installé, et quelqu'un le consulte une fois par mois.
Si vous voulez un deuxième avis sur votre site, que vous soyez à Montréal, à Laval ou sur la Rive-Sud, réservez un appel de 15 minutes et je vous dirai lesquels de ces points corriger en premier.
Sources
Toutes les pages ont été consultées le 22 octobre 2026.
- Pricing for Canada, Uber Eats Merchants (en anglais)
- Merchant fees and pricing (Canada), DoorDash for Merchants (en anglais)
- Tarifs et frais, Stripe Canada (en anglais)
- Gérer les liens vers votre établissement local, aide Fiche d'établissement Google
- Why GOV.UK content should be published in HTML and not PDF, Government Digital Service, 2018 (en anglais)
- Langue du commerce et des affaires : vos droits, Office québécois de la langue française
- Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (P-39.1), LégisQuébec
Stanislas Molveau
Fondateur, Molveau Studio
Je conçois et développe des produits web et mobiles, et j'écris ces guides à partir de démontages d'apps réelles plutôt que de théorie.