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Site web de clinique au Québec : ce qui est permis
Témoignages, photos avant-après, rabais, prix : ce que les codes de déontologie permettent sur le site d'une clinique, avec les articles et les sources.
Un patient compare deux cliniques sur son téléphone. La première affiche trois témoignages et une photo avant-après. La deuxième explique les traitements, les honoraires et comment prendre rendez-vous. Il appelle la première, parce qu'elle paraît plus humaine. Ce que ni lui ni la clinique ne savent, c'est que ces témoignages peuvent constituer une faute déontologique.
Ce guide s'adresse aux cliniques dentaires, de physiothérapie, de chiropratique et d'esthétique du Grand Montréal et du Québec. Il résume ce que les codes de déontologie permettent sur un site, ce que coûte le site, ce que montrent 344 fiches locales analysées en juin 2026, et les deux lois québécoises qui s'appliquent. Ce n'est pas un avis juridique : votre ordre est l'autorité, et les articles cités sont là pour que vous puissiez les lire.
Ce qu'un site de clinique doit faire
| Tâche | Fonction | Pourquoi |
|---|---|---|
| Expliquer les services | Une page par service, en langage clair | Le patient cherche « combien de temps », « est-ce que ça fait mal », « est-ce couvert ». |
| Dire qui soigne | Nom, titre, permis ou numéro d'inscription quand l'ordre l'exige | La confiance passe par la vérifiabilité, pas par les superlatifs. |
| Prendre rendez-vous | Réservation en ligne ou formulaire, avec un délai de réponse annoncé | Un formulaire sans promesse de délai est une boîte noire. |
| Répondre aux questions d'argent | Couverture RAMQ ou assurance privée, facturation directe, politique d'annulation | C'est ce qui fait hésiter avant d'appeler. |
| Se rendre | Adresse, stationnement, transport, accessibilité | Surtout pour les cliniques hors centre-ville. |
| Protéger les renseignements | Avis de confidentialité au moment de la collecte | Un formulaire de santé collecte des renseignements sensibles. |
Ouvrez votre site en navigation privée, comme un patient qui ne vous connaît pas. Cherchez le prix d'une consultation, la formation du professionnel et ce qui arrive à vos données. Si l'une des trois manque, c'est votre première correction.
Ce que votre ordre permet sur le site
Les règles varient d'un ordre à l'autre, et beaucoup de cliniques copient la page d'une clinique d'une autre profession. Voici ce que disent les codes, avec les articles.
| Profession | Témoignages | Publicité comparative | Prix et rabais |
|---|---|---|---|
| Dentistes | Interdits, y compris dans toute intervention publique (art. 3.09.10) | Interdite (art. 3.09.03) | Encadrés : prix régulier, nature du service, matériaux, services inclus, durée minimale de 90 jours (art. 3.09.07 et 3.09.08) |
| Physiothérapeutes | Pas d'interdiction explicite dans le code consulté : à valider avec l'OPPQ | Interdite (art. 90) | Rabais, escompte et gratuité interdits (art. 73, par. 6); prix encadrés (art. 84) |
| Chiropraticiens | Pas d'interdiction explicite dans le code consulté : à valider avec l'Ordre | Interdite (art. 11) | Encadrés : le service doit primer sur le prix, qui reste en vigueur 90 jours (art. 16) |
Chez les dentistes, la règle sur les témoignages est la plus mal comprise. Elle ne vise pas seulement les éloges sur un traitement : un patient qui écrit « mon sourire est transformé » tombe sous l'article 3.09.10. L'Ordre précise aussi que les informations du dossier patient, y compris les radiographies et les modèles, appartiennent au patient et ne peuvent être diffusées sans son consentement explicite et écrit (ODQ, lignes directrices sur les médias sociaux). Une photo avant-après exige donc ce consentement, en plus de ne pas promettre un résultat.
Chez les physiothérapeutes, la règle qui surprend est l'interdiction de promouvoir un rabais ou une gratuité (art. 73, par. 6). Une bannière « première séance gratuite » n'est pas permise, même si le professionnel peut décider au cas par cas de ne pas facturer.
Deux conséquences pratiques pour la conception du site. D'abord, ne réutilisez pas un modèle de page « clinique » acheté en ligne : il contient presque toujours une section témoignages. Ensuite, faites relire la page par la personne responsable de la déontologie dans votre clinique avant la mise en ligne, et gardez une copie de chaque version publiée : plusieurs codes exigent de conserver la publicité pendant des années.
Les données des patients
Un formulaire de rendez-vous, un questionnaire d'admission ou une infolettre de clinique recueille des renseignements de santé, que la loi 25 considère comme sensibles. Trois exigences concrètes :
- un avis clair au moment de la collecte, avant que le patient remplisse quoi que ce soit;
- un consentement explicite pour les renseignements sensibles, et un consentement distinct si vous utilisez ses données à une autre fin;
- une politique de confidentialité accessible depuis chaque page, avec la personne responsable de la protection des renseignements personnels.
Le point que la plupart des cliniques oublient : les pixels de suivi publicitaire. Un pixel Meta ou Google installé sur une page de prise de rendez-vous transmet l'événement à une plateforme tierce. Si cet événement peut révéler un état de santé, il faut le documenter et le limiter. La liste complète des obligations est dans le guide sur la loi 25.
Le français, ensuite. Une clinique doit offrir une version française complète de son site, y compris le parcours de rendez-vous. C'est l'objet de la loi 96.
Ce que montrent 344 fiches locales
En juin 2026, j'ai extrait par l'API Google Places 344 fiches de cliniques dentaires, de physiothérapie, d'esthétique et de chiropratique à Montréal, Laval, Longueuil, Brossard, Repentigny et Pointe-Claire, puis analysé la page d'accueil de chaque site.
- 13 % (46 fiches) n'avaient aucun site, ou seulement un profil social.
- Sur les 298 sites, 140 tournaient sur WordPress et 52 sur Wix, Squarespace ou GoDaddy.
- Le score PageSpeed mobile médian était de 58; 27 % obtenaient moins de 50.
- Une balise d'analytique était présente sur 63 % des sites, le taux le plus élevé des six secteurs que j'ai relevés.
- La fiche médiane comptait 61 avis Google.
Les cliniques mesurent déjà, mais elles mesurent surtout les publicités. Ce que le site ne dit presque jamais : combien de visiteurs ont cherché un prix, une couverture d'assurance ou un délai, puis sont partis. Un site de clinique se juge sur les rendez-vous qu'il produit, pas sur le nombre de visites.
Les limites : la recherche Places renvoie ce que Google classe, pas toutes les cliniques de ces villes. Un seul passage PageSpeed par site. Une balise présente ne garantit pas qu'elle est bien configurée. Aucune clinique du relevé n'est nommée.
Combien ça coûte
Mes prix sont publics sur la page des tarifs, avant taxes :
- Site Vitrine, 3 500 $ : services, équipe, coordonnées, formulaire de demande de rendez-vous, français et anglais.
- Site sur mesure, 5 500 $ : si votre équipe modifie elle-même les services, les professionnels et les disponibilités.
- Options : réservation intégrée 900 $, troisième langue 800 $, migration du contenu 700 $.
- Entretien : 150 $ par mois pour le forfait Vitrine.
Une clinique qui utilise déjà un logiciel de rendez-vous (Jane, Clinique Plus, autre) n'a pas besoin d'un second système. Le site sert à expliquer, rassurer et envoyer vers l'outil en place. C'est le forfait à 3 500 $. La réservation sur mesure se justifie quand le logiciel impose des frais par rendez-vous ou ne permet pas le français.
Les fourchettes du marché, tous fournisseurs confondus, sont dans le guide sur le coût d'un site à Montréal.
Vérifiez votre site actuel
- Aucun témoignage de patient, ou une confirmation écrite de votre ordre qu'il est permis.
- Aucune photo avant-après sans consentement écrit et sans mention que le résultat varie.
- Les prix, s'ils sont affichés, respectent les règles de votre code (services inclus, durée de validité).
- Chaque professionnel est présenté avec son titre exact et son numéro de permis si requis.
- Le parcours de rendez-vous existe en français, au complet.
- Un avis de confidentialité apparaît avant l'envoi du formulaire.
- Les pixels publicitaires sur les pages de santé sont documentés.
- La page d'accueil obtient 50 ou plus sur PageSpeed Insights, en mobile.
Si vous voulez un regard extérieur sur le vôtre, réservez un appel de 15 minutes. Je vous dirai ce qui relève du design, ce qui relève de la déontologie, et ce qu'il faut faire relire par votre ordre.
Sources
Pages consultées le 22 octobre 2026.
- Code de déontologie des dentistes (D-3, r. 4), articles 3.09.01 à 3.09.11
- Lignes directrices sur les médias sociaux, Ordre des dentistes du Québec
- Code de déontologie des physiothérapeutes et des technologues en physiothérapie (C-26, r. 197.1), articles 73, 74 et 90
- Foire aux questions : publicité et rabais, Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec
- Code de déontologie des chiropraticiens (C-16, r. 5.1), articles 9 à 20
- Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (P-39.1), LégisQuébec
- Langue du commerce et des affaires : vos droits, Office québécois de la langue française
Stanislas Molveau
Fondateur, Molveau Studio
Je conçois et développe des produits web et mobiles, et j'écris ces guides à partir de démontages d'apps réelles plutôt que de théorie.